Objectifs et cadres conceptuels

L’objectif principal de COTERRA est l’identification des verrous et leviers qui favorisent l’autonomie collective et la transition agroécologique pour les agriculteurs. Deux sous-objectifs peuvent ainsi être formulés :

1. Comprendre comment différents processus d’autonomisation collective s’articulent et identifier les compromis et synergies

Nous analyserons l’articulation entre différents processus d’autonomisation selon un cadre analytique original (Figure 1). L’axe des abscisses rend compte du degré d’intégration social-écologique dans les collectifs, c’est-à-dire: dans quelle mesure les formes d’action collective considèrent-elles ou s’appuient-elles sur des processus environnementaux et écologiques? L’axe des ordonnées rend compte du caractère potentiellement transformatif des formes d’autonomisation. Des exemples sont donnés à titre indicatif pour rendre compte de ces différents gradients* – mais la plupart des dynamiques d’autonomisation collective se situent à cheval sur plusieurs catégories.

Cadre analytique du projet pour les dynamiques d’autonomisation collective

* Le concept des “more-than-social” movements1 fait référence à des mouvements qui visent à transformer la société en développant des ontologies alternatives caractérisant les formes de vie et les relations humains et non-humains.

2. Guider les politiques publiques pour favoriser les formes d’autonomisation collective 

Les politiques publiques jouent un rôle clé dans l’émergence de mécanismes d’action collective2  dont elles constituent un levier important. Elles peuvent soutenir des formes de coopérations sociales informelles, comme des échanges de travail ou de ressources, qui sont parfois invisibles aux yeux des dispositifs d’action publique mais néanmoins essentielles pour l’innovation et l’autonomisation. Elles permettent également de développer des formes de délibération et des relations de confiance entre agriculteur.ice.s, indispensables à la coopération et à la coordination pour la provision de services écosystémiques.

Une étude récente montre en effet que la conviction que d’autres agriculteur.ice.s sur le territoire vont s’engager dans un dispositif de paiement pour services environnementaux (PSE) et se coordonner est un facteur clé pour l’engagement d’un.e agriculteur.ice dans un PSE3.

Or, de nouveaux arrangements institutionnels restent à créer pour permettre à de multiples acteurs sur un territoire de se concerter pour optimiser les processus écologiques à l’échelle du paysage (par exemple une plantation concertée de haies, un assolement concerté) 4,5.


Bibliographie

[1] Papadopulos, D. (2018). Experimental Practice. Technoscience, Alterontologies, and More-Than-Social Movements. Durham : Duke University Press, coll. « Experimental Futures ». 337 p.

[2] Villamayor-Tomas S., Thiel, A., Amblard, L. Zikose, D. & Blanco, E. (2019). Diagnosing the role of the state for local collective action: Types of action situations and policy instruments. Environmental Science and Policy, 97: 44–57. DOI : 10.1016/j.envsci.2019.03.009

[3] Villamayor-Tomas, S., Sagebiel, J., Rommel, J., & Olschewski, R. (2021). Types of collective action problems and farmers’ willingness to accept agri-environmental schemes in Switzerland. Ecosystem Services, 50, 101304. DOI : 10.1016/j.ecoser.2021.101304

[4] Barnaud, C., Corbera, E., Muradian, R., Salliou, N., Sirami, C., Vialatte, A., … & Antona, M. (2018). Ecosystem Services, Social Interdependencies, and Collective Action. Ecology and Society, 23(1). DOI :

[5] Salliou, N., Muradian R., & Barnaud, C. (2019) Governance of Ecosystem Services in Agroecology: When coordination is needed but difficult to achieve. Sustainability, 11, 1158. DOI : 10.3390/SU11041158